Barbecue Chaussée Saint-Pierre

Oscar est parti (soupir). A chaque fois que son père passe le prendre, c’est la même chose : la solitude et le doute quant à la justesse de la séparation d’avec mon petit chou me terrassent pendant environ une heure. L’homme de la gare en profite pour s’agiter dans mes souvenirs.

C’était le jour de notre retour, on descendait du train gare du Luxembourg, quand il s’est approché pour m’aider à décharger la poussette. On a échangé quelques mots et comme si c’était tout naturel, on a pris un café. Je me souviens qu’il portait un badge pendouillant au bout d’un ruban et qu’il parlait avec un charmant accent. Après quelques minutes, il a fallu emmener Oscar aux toilettes. Quand je suis revenue après un long combat avec des couches débordantes, il avait disparu. Notre rencontre n’était pas fortuite, j’en suis sûre. Je dois le retrouver. Il m’aidera à mieux comprendre ce quartier et même peut-être à trouver ce que je cherche depuis si longtemps …

Mon regard rêveur se fige soudain sur l’écran de mon gsm : 19h00 !! J’ai raté le boucher ! En l’espace de quelque minutes, je me retrouve au GB, perdue dans des couloirs débordant de produits aux couleurs criantes. Je suis myope, il me faut toujours des heures pour trouver un produit dans les rayons d’un super marché. Et tout ça alors que je ne mange jamais de viande. Pas le choix, c’était écrit sur l’invitation : «amener viande et salade». J’attrape deux tomates, poireaute à la caisse, puis saute sur mon lourd mon vélo hollandais pour rejoindre illico, en passant par le syndic (je dois y déposer ma carte de pointage), le barbecue des habitants de la chaussée Saint-Pierre et alentour, ma première rencontre « conviviale » avec des gens du coin. Jusque-là, j’ai eu l’impression d’habiter un vaisseau fantôme. Je n’ai croisé ni voisins, ni sourire abordant dans la rue. Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre. Et Oscar qui n’est pas là!…