Comités de quartier

Parc Léopold, photo de Marc Schmitt, août 2002

Parc Léopold, photo de Marc Schmitt, août 2002
(rappel : Ariane arrive (sans Oscar ce soir), au barbecue des voisins, chaussée Saint-Pierre)

Je gare mon vélo devant le commissariat mais dois m’y reprendre à deux fois pour parvenir à le quitter : j’oublie la clé du cadenas, puis la viande suspendue au guidon… Que de stress pour un barbecue ma pauvre Ariane !

Ils sont là, les voisins, au fond d’un terrain pelousé, garni de quelques arbres à l’ombre de la maison communale. Des enfants jouent les stars du cirque tandis que quelques ados tous raides semblent plantés dans le bac à sable. Il faut dire que ça caille aujourd’hui.

Je cherche le centre de l’action : le bar. Pas de chance, il fallait aussi amener de quoi s’abreuver. Sans Oscar ni un verre auquel me raccrocher, je me retourne sur le barbecue, fermement cerné par une huitaine d’hommes. Il me faut jouer des coudes pour parvenir à lâcher le morceau sur la grille.

Je choisis la table la plus nombreuse. On me sert à boire et on y va de la bonne blague pour me mettre à l’aise. 25 ans qu’on se retrouve ici ! lance ma voisine de table, on s’amusait mieux dans le temps. Sauf qu’avant qu’ils n’installent le bac, fallait ramasser les crottes de chien, remarque son voisin. Quand je leur annonce que je viens de m’installer, la voisine me donne un coup de coude en riant: Moi je connais tout le monde ici, chaque habitant de la rue. Je m’occupe de tout ce qui ne va pas : sonner chez le voisin âgé qui n’est plus sorti depuis trois jours, par exemple. Et les joyeux fêtards d’enchaîner sur la chronique des morts du quartier, l’anniversaire de la Reine, la crise gouvernementale (on a pas besoin d’eux !), les chats qui déménagent en fonction du menu des voisins, la dernière bourde du fils aîné…

De fil en aiguille, j’apprends que plusieurs d’entre eux font partie d’un comité de quartier, (fondé en même temps que le barbecue autour des expropriations dues à l’implantation de l’Europe). On est plus très actif maintenant, mais on est toujours prêt à se réunir en cas de coup dur et puis on fait partie de l’A.Q.L. L’A quoi ? L’A.Q.L. ou Association Quartier Léopold, ils défendent les intérêts des habitants face au géant européen. Et ces dames de se souvenir : dans le temps, place Jourdan, y avait les tissus chez Josianne, les légumes d’Henri, maintenant y a plus que des cafés et y nous cogitent un piétonnier avec un parking en dessous… Mais on les a à l’œil.

A quelques mètres du barbecue, une grande famille turque se régale. Vous connaissez bien la communauté turque du coin demandai-je à la voisine ? Ils ont peur de mon chien ! Me répond-elle avec un large sourire en me glissant son numéro de téléphone. Ca y est je me suis fait une copine dans le quartier !