Imal

«Ca tourne» hurle Oscar dans le vent. Le long du canal, les girouettes s’en donnent à cœur joie. Nous cherchons le 30 quai des charbonnages. Imal deuxième étage, renseigne un bout de papier collé sur la porte. Nous y voici. L’espace Imal, ou interactive Media Art Lab, est un nouveau «centre des cultures digitales et de la technologie», pour la «rencontre entre les innovations artistiques, culturelles et industrielles», où se côtoieront expos, performances, rencontres, concerts, ateliers, conférences, etc.

Si je me lance dans le blog, il faut que je reste branchée. C’est la raison de notre visite dans cet antre de techniciens fous.

L’exposition

On s’installe pour commencer dans une boite à photos d’identité. Horreur, je comprends que l’on est filmé, «vous avez trente secondes pour vous exprimer» nous signale l’écran. Soudain très gênée, je me cache derrière l’innocence d’Oscar …

Cette fois la caméra est dissimulée dans une casserole géante. Notre image est projetée au fond du récipient et sur le mur d’à côté. Oscar en plein dévelopement identitaire se découvre soudain trois têtes. Il jubile. Ce sera son attraction préférée. Et puis, encore à notre insu, alors que nous observons une image où stagnent des personnages fantômes, nous comprenons que nous sommes entrés dans second life. Et que les manipulateurs de ces pantins virtuels peuvent «nous» «voir». Cette fois Oscar n’a vraiment rien vu.

Il m’entraîne plus loin vers un ordinateur qui, seul pilote d’une course de voiture virtuelle, se perd et s’emballe (la manette de direction s’agite en tous sens). Oscar s’effraie du bruit soudain d’une foreuse suspendue qui casse un morceau de mur à chaque fois que quelqu’un visite le site d’Imal.

Alors virtuel ou réel ?

Notre image projetée sur une plaque de verre disparaît lentement, ensevelie par l’écoulement d’un sablier.