LA DELEGATION DE BAVIERE

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  • Bâtiment de style néo-gothique, néo-renaissance flamande
  • Construit en 1903
  • Architectes : d’après les plans de Valère Dumortier
  • Fonds : Ernest Solvay
  • Propriétaire actuel : La représentation du Land de Bavière

Bref historique

Le premier Institut Pasteur est inauguré à Paris le 14 novembre 1888. C’est une fondation privée dédiée initialement au traitement de la rage, à la recherche sur les maladies infectieuses et de ce qui relève de l’étude des microbes. Jules Bordet fonde L’Institut Pasteur du Brabant en 1900 dans le parc Léopold à proximité immédiates des autres instituts scientifiques, mais sur un terrain privé. C’est le seul institut qui ne fut pas créé par la maison-mère de Paris, son indépendance par rapport au réseau international explique son intégration dans le réseau de la Santé-Publique fédérale. En 1987, l’Institut quitte le site pour de plus grands locaux à Uccle. A l’abandon pendant 5 ans le château scientifique se délabre, la Province du Brabant vend la propriété qui comprend les laboratoires, la villa et les écuries, à la SEL (Société Espace Léopold), promoteur des bâtiments des députés de l’Union européenne, qui occupera le site pendant la durée des travaux du Parlement Européen.

En 1989, Le PPAS (plan particulier d’affectation du sol) d’Ixelles place l’Institut Pasteur en zone d’équipement collectif. Il était prévu initialement d’intégrer cette propriété privée à l’espace vert public en compensation de la construction du Parlement européen sur une partie du site classé du parc Léopold et de permettre ainsi l’ouverture d’une nouvelle entrée dans la perspective de la rue Montoyer, le seul axe qui permette une liaison visuelle entre le parc et le centre ville.

Fort malencontreusement, en assimilant en 2001 les représentations de Etats ou entités fédérés à de l’équipement d’intérêt collectif, Le PRAS (Plan régional d’affectation du sol) a permis le rachat de la propriété à la Représentation du Land de Bavière et son installation bien cadenassée là où les administrations publiques avaient prévu un usage public que l’Association du Quartier Léopold avait appelé de tous ses vœux.

Aujourd’hui…

Depuis 2004, la représentation de Bavière a établi sa base de lobbying dans l’ancien château et y anime des séminaires et réunions de prestige. Au-delà de la rénovation de l’Institut Pasteur, elle a fait construire une salle de réunion supplémentaire qui a imperméabilisé un peu plus encore le haut de la colline. De par son statut, assimilé à celui des représentations diplomatiques, la Représentation du Land de Bavière a également exigé des règles drastiques de sécurité entrainant la clôture intégrale du site, balayant ainsi la possible circulation du public aux abords des bâtiments et entérinant la privatisation de cette partie du Parc. Le site de l’ancien Institut Pasteur a ouvert ses portes à la Représentation de Bavière tout en s’enfermant définitivement derrière des douves hightech et des portails sécurisés.

Le PRAS en assimilant les représentations des états fédérés à des équipements collectifs a exclu une partie du parc de ce qui aurait dû devenir public. La cohabitation entre l’Europe et les habitants du quartier européen est encore une fois compromise.

Pour rappel, le parc Léopold est classé par arrêté royal du 18 novembre 1976. Au delà du jeu de dominos législatifs communaux et régionaux, il existe à l’échelle internationale une charte consacrée à la conservation et à la protection des sites classés. Cette charte de Florence ratifiée en 1982 par le Conseil international des monuments et des sites, rappelle dans son article 14 que « le jardin historique doit être conservé dans un environnement approprié. Toute modification du milieu physique mettant en danger l’équilibre écologique doit être proscrite. Ces mesures concernent l’ensemble des infrastructures, qu’elles soient internes ou externes ».
Il est aussi navrant de voir quelles sont les circonstances où l’Europe préfère se soustraire aux principes internationaux pour mieux se soumettre aux principes locaux.

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Épisodes précédents :

Le Parc Léopold est-il en danger ?

La bibliothèque Solvay

Prochain épisode : La friche Eggevoort