Un procureur inocule la syphilis à Charles Baudelaire.

Nuit, il faisait. Sur sa table de travail, trois piles de feuilles observaient Ulysse. « Il semblait défait » chuchotèrent-elles. Ulysse prit la première pile, son oeil se raviva une fraction de seconde. Les mots et les sons de « Femmes damnées » ne craignaient nullement le regard d’Ulysse « à la pâle clarté des lampes languissantes ». Par contre, ils avaient de la haine pour Ernest Pinard, le même procureur qui s’acharna sur Flaubert et Madame Bovary. Sans être médecin, la ligue des quatrains décida que le chancre d’inoculation de la syphilis de Baudelaire ne provenait nullement de rapports sexuels mais bien du procureur général qui condamna le poète pour « offense à la morale religieuse », « outrage à la morale publique et aux bonne moeurs ». Le soir même, Baudelaire se rasa les cheveux, porta une chemise sans col et apparut dans une brasserie vêtu de cette « toilette de guillotiné ».

Plus jamais, Baudelaire ne sera le même. Ulysse comprit, d’autres pas.
dont Nicolas Crousse.

         

3 thoughts on “Un procureur inocule la syphilis à Charles Baudelaire.

  1. La syphilis baudelairienne.
    Le théâtre syntaxique d’une chair tabétique m’instille son pharmakon. J’y reviendrai…

  2. La syphilis baudelairienne.
    Comment saviez-vous que j’étais à ce stade tertiaire? C’est d’autant plus troublant et inconvenant qu’il s’agit de la partie postérieure de ma moelle.Dois-je supposer que vous êtes un adepte du grand Jacques Derridé (ah…aha).Vous m’avez déconstruit et suis convaincu que le bien et le mal ne font qu’un couple incestuex,le poison copulant avec son remède
    Si vous aimez René Girard, vous savez que nous sommes condamnés car celui qui ne ressemble pas au modèle de la société est sacrifiable.A demain qui sait.

  3. La syphilis baudelairienne.
    À la simple dépouille concédons l’appel, l’identité d’un fragment, et à l’assertion du simulacre, au vide mondain du vide, éructons une mixture grossière de bruit.

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